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Articles avec #exclusion tag

Ces indésirables qui vivent chez nous...

Publié le par Ombre Grise

J'aime bien mon titre. Il risque d'attirer plein de gens sympathiques, et tant mieux !

Vous en connaissez, des "indésirables", pas vrai ? Vous pourriez même en faire un portrait robot. Bon, ok, vous n'en connaissez pas vraiment, pas personnellement, vous n'avez pas de nom à donner. Mais vous voyez bien de qui il s'agit, n'est-ce pas ? De la graine de terroriste, des bandes, des trafiquants, beuh...

Le terme "indésirable" est évidemment très subjectif. Il peut rejoindre les notions de racisme, mais ce n'est pas obligatoire non plus. Les plus intellos prèfèrent parler de problèmes d'intégration (manière de dire que si t'es pas intégré, t'es pas comme nous, donc t'es indésirable !) ou encore mieux, d'assimilation.

Cependant, et c'est un peu le sujet de cet article, je constate (j'essaie de ne pas prendre position, je me contente d'écouter) que systématiquement, on désigne des indésirables... pauvres...

Des familles vivant dans les quartiers, avec des noms qui sonnent "africain du nord", des gens du voyage, des gens qui viennent d'Europe, mais de l'autre Europe, celle des mendiants, des gens qui vivent du Rsa, des "assistés" comme dirait Wauquiez (je pourrais en citer d'autres, mais il s'est fait connaître avec ses allégations gratuites et fausses sur le sujet, et comme il y revient régulièrement, aurant rendre à César ce qui lui appartient !)

J'en conclus que les indésirables, ce sont les pauvres. Et je suis obligé - encore une fois, en simple observateur - de constater que la politique économique envisagée par ceux qui condamnent l'assistanat en France vise justement à multiplier le nombre de pauvres... 

Pourquoi les gens sont-ils pauvres ?

Généralement, parce qu'ils n'ont pas d'emploi, ou alors un emploi mal payé, à temps partiel, et qu'ils ont des enfants à nourrir. Bon. 
Pourquoi ne trouvent-ils pas d'emploi ? Ils sont mal formés, n'ont pas de diplômes... on peut aussi considérer qu'il n'y a pas tant d'offres que ça à leur proposer.
Les pauvres sont parmis nous. Reste à en limiter le nombre.

A mon petit niveau d'analyse, je ne vois que deux solutions pour faire sortir de la pauvreté les pauvres :

- leur proposer un emploi suffisamment rémunéré

- leur verser un complément de revenus

- les exclure du pays (bon, ok, ça ne les rendra pas moins pauvres ! Soyons précis, ils ne feront plus partie de "nos" pauvres... On pourrait aussi les tuer, mais je crois que ce serait contraire à certains principes... mais bon, les principes peuvent évoluer, n'est-ce pas ?)

Je ne vois rien d'autre. 

La première solution est simple à écrire, et je l'envisage à un niveau très large. Je considère (car je suis gentil) qu'une personne qui n'a pas d'emploi s'est donné beaucoup de mal pour en avoir un, même si au fil du temps, sa motivation a décliné, et qu'elle s'est dit que c'était mort pour elle. N'oublions pas qu'il est toujours facile d'être opiniâtre quand on a confiance en ses chances. Quand on est persuadé que notre simple patronyme suffit à nous exclure, c'est déjà moins évident. 

Comment faire pour leur proposer des postes, à ces gens ? Un gouvernement peut-il inciter le privé à embaucher ? Il l'a déjà fait, ça marche un p'tit peu. Il peut aussi proposer des emplois dans la fonction publique. On en a déjà fait beaucoup, des contrats "aidés", des emplois jeunes, j'en passe. 

Là encore, je manque d'imagination, mais personne ne peut obliger un employeur à embaucher. C'est triste à dire, mais le marché du travail ne veut plus faire travailler des humains... Tout est fait pour limiter cette ressource : informatisation, dématérialisation... Le client est désormais prié de faire le boulot qui était dévolu à un employé rémunéré. Cette évolution n'est pas prête de s'arrêter. J'ai donc bien peur qu'on doive gérer le problème de la pauvreté en ayant de moins en moins de postes de travail à "offrir"...

Deuxième solution, le complément de revenus. On peut l'appeler Rsa, prime d'activité ou allocation chais-pas-quoi, peu importe. Les prestations sociales ont pour vertu d'éloigner des ménages de la pauvreté...

Vous voulez supprimer ces prestations à "certaines familles indésiables " ? Ces gens louches qui n'ont pas de carte nationale d'identité française ? Les familles françaises de ces type bizarres ayant une fiche "S" ? 

D'accord, admettons. Et vous faites quoi, après ? Vous gonflez le nombre de pauvres, ou plutôt, vous amplifiez le besoin de ressources de ces familles, et vous proposez quoi ? L'expulsion ? Pour certains étrangers, c'est peut-être possible. N'oublions cependant pas qu'il existe du métissage, des situations humainement inextricables, l'expulsion est souvent un terme très populiste, qui se heurte à certaines réalités incontournables. 

Et les autres, que nous n'expulserons pas, comment vivrons-ils dans notre pays ? En alimentant les traffics, la prostituion, la vente d'organes, que sais-je ? Et la radicalisation, c'est quoi son terreau, si ce n'est l'exlusion et la pauvreté ?

Dans le même esprit, j'entends souvent qu'il y a trop de fonctionnaires - et plus généralement d'employés de la fonction publique. Là encore, réduisons ! Mais toutes ces portes qui se refermerons vers le marché de l'emploi public, serons-nous capable de les rouvrir dans le privé ? J'ai de gros doutes, je vous renvoie quelques paragraphes en arrière... je pense en effet que les postes se feront de plus en plus rares, même si notre économie se porte mieux...

Toute époque de crise s'accompagne de campagnes d'exclusion. C'est normal, oserais-je dire. Les extrémistes de tous bords se gavent des crises économiques, des attentats. Cela a toujours été. Une opinion modiérée paraît toujours laxiste, en décalage avec la réalité du moment. C'est pourtant un effort nécessaire.

Nous y reviendrons un jour... ce sera la note optimiste de ce billet...

 

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