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Articles avec #assistanat tag

Exclusion

Publié le par Ombre Grise

J'aborde ici un sujet apprécié par plusieurs candidats à la prochaine présidentielle. Loin de moi l'idée de condamner la démarche. Bon nombre de français souhaitent exclure une partie de la population dans l'idée de bénéficier de leur départ, directement ou indirectement. En temps de crise, il est bien difficile de condamner une telle volonté. C'est naturel. Si vous manquez de tout, allez-vous accepter qu'un être venu d'ailleurs (un E.T par exemple) atterrisse sur votre pays pour réclamer les mêmes droits que vous ? Difficile de répondre, n'est-ce pas ? Ceux qui ne manquent de rien diront "venez" ; les autres feront la grimace. C'est tout le problème. La volonté d'exclure autrui est inhérente à la société. Inutile de condamner les individus. 

Reste aux personnes de raison d'argumenter pour démontrer que l'exclusion n'est qu'une fausse solution. Pourquoi ?

Quand des réfugiés arrivent sur votre pays. Par différents moyens. Passons. Ils sont là, physiquement, devant vous. Que faites-vous ? Suppression de toute aide d'urgence ? De l'AME ? Du RSA pour les personnes en situation régulière ? Ok, mais après ? 

Vous vous retrouvez avec des familles complètes sans aucun moyen de subsistance. Comment vont-ils faire pour survivre dans notre beau pays ? Fouiller dans les poubelles. Beaucoup le font déjà, notamment des chômeurs ou des retraités bien de chez nous. Tendre la main vers les association humanitaires ? Ok, ça marche dans certaines communes. Mais les moyens sont limités, et surtout, rarement réguliers. Les restos du coeur, c'est seulement l'hiver (par exemple)...

Les mêmes candidats qui prônent la fin des aides aux réfugiés et aux aides sociales souhaitent supprimer ou limiter les financements aux associations humanitaires. 

Au final, on se retrouverait avec des populations "venues d'ailleurs" sans aucun moyen de subsistance, et sans possibilité de retourner dans leur pays d'origine, pour différents motifs, à savoir le danger de mort ou la pauvreté (pire qu'ici !) 

Cela en ferait, pour certains, des voleurs en puissance. 

De quoi alimenter l'idée que l'immigré, c'est un délinquant ! Ben oui, plus on exclue ces populations, plus on les pousse à la révolte. Ce sont des humains. Ils ont des droits. Ils les revendiquent, et c'est bien naturel. Peut-on leur reprocher de vouloir prendre 3 repas par jour, pour eux et pour leurs enfants ? Vous ne voulez pas leur accorder, d'accord. Mais que faire d'eux ? Les abattre ? C'est ça la France de demain ? Tuer les populations qui viennent d'ailleurs parce qu'on n'a pas les moyens de les "assister" ? 

Soyons intelligents, c'est dur, je sais, mais voyons la réalité telle qu'elle est. Ok, les "passeurs" sont d'ignobles enfoirés, et il faut absolument les traquer, les condamner, les emprisonner. Mais les gens qui arrivent sur nos côtes, ne peuvent pas être rejetés, sans faire de notre pays, une contrée barbare.

Maintenant, il ne faut pas traiter ces réfugiés plus favorablement que nos propres "pauvres". En effet, les réfugiés bénéficient parfois de droits que n'ont pas certains exclus nationaux. Voilà qui nourrit les idées de rejet de certains partis. C'est difficile à avaler. Alors, accordons des droits au moins équivalents à nos exclus nationaux. Cela permettrait d'être plus ouvert, plus souple avec les droits des "êtres venus d'ailleurs"...

C'est juste la logique. N'alimentons pas les arguments malsains de certains candidats de la prochaine présidentielle, et soyons lucides sur la réalité de notre société actuelle. 

Les miséreux ne viennent pas forcément d'ailleurs...

 

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Ces indésirables qui vivent chez nous...

Publié le par Ombre Grise

J'aime bien mon titre. Il risque d'attirer plein de gens sympathiques, et tant mieux !

Vous en connaissez, des "indésirables", pas vrai ? Vous pourriez même en faire un portrait robot. Bon, ok, vous n'en connaissez pas vraiment, pas personnellement, vous n'avez pas de nom à donner. Mais vous voyez bien de qui il s'agit, n'est-ce pas ? De la graine de terroriste, des bandes, des trafiquants, beuh...

Le terme "indésirable" est évidemment très subjectif. Il peut rejoindre les notions de racisme, mais ce n'est pas obligatoire non plus. Les plus intellos prèfèrent parler de problèmes d'intégration (manière de dire que si t'es pas intégré, t'es pas comme nous, donc t'es indésirable !) ou encore mieux, d'assimilation.

Cependant, et c'est un peu le sujet de cet article, je constate (j'essaie de ne pas prendre position, je me contente d'écouter) que systématiquement, on désigne des indésirables... pauvres...

Des familles vivant dans les quartiers, avec des noms qui sonnent "africain du nord", des gens du voyage, des gens qui viennent d'Europe, mais de l'autre Europe, celle des mendiants, des gens qui vivent du Rsa, des "assistés" comme dirait Wauquiez (je pourrais en citer d'autres, mais il s'est fait connaître avec ses allégations gratuites et fausses sur le sujet, et comme il y revient régulièrement, aurant rendre à César ce qui lui appartient !)

J'en conclus que les indésirables, ce sont les pauvres. Et je suis obligé - encore une fois, en simple observateur - de constater que la politique économique envisagée par ceux qui condamnent l'assistanat en France vise justement à multiplier le nombre de pauvres... 

Pourquoi les gens sont-ils pauvres ?

Généralement, parce qu'ils n'ont pas d'emploi, ou alors un emploi mal payé, à temps partiel, et qu'ils ont des enfants à nourrir. Bon. 
Pourquoi ne trouvent-ils pas d'emploi ? Ils sont mal formés, n'ont pas de diplômes... on peut aussi considérer qu'il n'y a pas tant d'offres que ça à leur proposer.
Les pauvres sont parmis nous. Reste à en limiter le nombre.

A mon petit niveau d'analyse, je ne vois que deux solutions pour faire sortir de la pauvreté les pauvres :

- leur proposer un emploi suffisamment rémunéré

- leur verser un complément de revenus

- les exclure du pays (bon, ok, ça ne les rendra pas moins pauvres ! Soyons précis, ils ne feront plus partie de "nos" pauvres... On pourrait aussi les tuer, mais je crois que ce serait contraire à certains principes... mais bon, les principes peuvent évoluer, n'est-ce pas ?)

Je ne vois rien d'autre. 

La première solution est simple à écrire, et je l'envisage à un niveau très large. Je considère (car je suis gentil) qu'une personne qui n'a pas d'emploi s'est donné beaucoup de mal pour en avoir un, même si au fil du temps, sa motivation a décliné, et qu'elle s'est dit que c'était mort pour elle. N'oublions pas qu'il est toujours facile d'être opiniâtre quand on a confiance en ses chances. Quand on est persuadé que notre simple patronyme suffit à nous exclure, c'est déjà moins évident. 

Comment faire pour leur proposer des postes, à ces gens ? Un gouvernement peut-il inciter le privé à embaucher ? Il l'a déjà fait, ça marche un p'tit peu. Il peut aussi proposer des emplois dans la fonction publique. On en a déjà fait beaucoup, des contrats "aidés", des emplois jeunes, j'en passe. 

Là encore, je manque d'imagination, mais personne ne peut obliger un employeur à embaucher. C'est triste à dire, mais le marché du travail ne veut plus faire travailler des humains... Tout est fait pour limiter cette ressource : informatisation, dématérialisation... Le client est désormais prié de faire le boulot qui était dévolu à un employé rémunéré. Cette évolution n'est pas prête de s'arrêter. J'ai donc bien peur qu'on doive gérer le problème de la pauvreté en ayant de moins en moins de postes de travail à "offrir"...

Deuxième solution, le complément de revenus. On peut l'appeler Rsa, prime d'activité ou allocation chais-pas-quoi, peu importe. Les prestations sociales ont pour vertu d'éloigner des ménages de la pauvreté...

Vous voulez supprimer ces prestations à "certaines familles indésiables " ? Ces gens louches qui n'ont pas de carte nationale d'identité française ? Les familles françaises de ces type bizarres ayant une fiche "S" ? 

D'accord, admettons. Et vous faites quoi, après ? Vous gonflez le nombre de pauvres, ou plutôt, vous amplifiez le besoin de ressources de ces familles, et vous proposez quoi ? L'expulsion ? Pour certains étrangers, c'est peut-être possible. N'oublions cependant pas qu'il existe du métissage, des situations humainement inextricables, l'expulsion est souvent un terme très populiste, qui se heurte à certaines réalités incontournables. 

Et les autres, que nous n'expulserons pas, comment vivrons-ils dans notre pays ? En alimentant les traffics, la prostituion, la vente d'organes, que sais-je ? Et la radicalisation, c'est quoi son terreau, si ce n'est l'exlusion et la pauvreté ?

Dans le même esprit, j'entends souvent qu'il y a trop de fonctionnaires - et plus généralement d'employés de la fonction publique. Là encore, réduisons ! Mais toutes ces portes qui se refermerons vers le marché de l'emploi public, serons-nous capable de les rouvrir dans le privé ? J'ai de gros doutes, je vous renvoie quelques paragraphes en arrière... je pense en effet que les postes se feront de plus en plus rares, même si notre économie se porte mieux...

Toute époque de crise s'accompagne de campagnes d'exclusion. C'est normal, oserais-je dire. Les extrémistes de tous bords se gavent des crises économiques, des attentats. Cela a toujours été. Une opinion modiérée paraît toujours laxiste, en décalage avec la réalité du moment. C'est pourtant un effort nécessaire.

Nous y reviendrons un jour... ce sera la note optimiste de ce billet...

 

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