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Dénicratie populaire ?

Publié le par Ombre Grise

La démocratie française est malade. Le diagnostic me paraît évident. On utilise beaucoup le terme, et plus il est prononcé, plus sa valeur s'épuise, se vide de toute substance. Pareil pour la république. La jeune Le Pen a raison : on nous saoule avec la république. Observons bien qui en sont les garants : Sarkozy (combien d'affaires en cours), Copé (fraudeur avéré aux primaires de son propre parti), Balkany (no comment), Cahuzac, j'en oublie des tas... Ceux-là respectent la république, ils le prouvent chaque jour ! Et que dire de notre premier ministre qui tient des propos à la limite du racisme. Souvenons-nous de sa note sur les Roms, maintenant, il affirme qu'il n'est pas favorable à l'octroi de la nationalité française pour Tariq Ramadan. La république s'appuie sur les droits de l'homme. Or, dans les droits de l'homme, on ne discrimine pas un individu pour un motif religieux, ni même politique. Alors si le dossier de Tariq Ramadan répond aux conditions d'octroi pour la nationalité française, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas être naturalisé. C'est grave de tenir de tels propos pour un premier ministre, et surtout, ce n'est pas légitime.

Bref, la république, ce sont de bonnes valeurs. Ce qu'on en fait derrière, hein...

Pour la démocratie, c'est encore plus compliqué.

Le principe de ce régime politique est de permettre à la population de choisir ses élus. Elle offre un mandat à un bonhomme, pour qu'il mène une politique.

Doit-il absolument mener la politique qu'il s'était engagé à mener lors de sa campagne ? Compliqué. La situation d'un pays n'est jamais figée. Les constats de 2012 ne sont probablement pas les mêmes que ceux de 2015. A ma connaissance, pas un seul président de la République n'a mené la même politique du premier au dernier jour de son mandat. Il y a toujours une ou deux réformes qui ne passent pas.

A ce jour, c'est la "loi travail." Sur le fond, je ne me prononcerais pas, la loi est dépouillée, à tel point que la droite, qui la soutenait au début, a fini par rejoindre son attitude habituelle du "si ça vient du camp d'en face, même si c'est notre idée, on dira non !"

Le 49.3 est-il démocratique ? En tout cas il est dans la loi. Son fonctionnement est beaucoup moins simple qu'il n'y paraît, dans le meilleur des cas, la loi mettra six mois à s'appliquer.

Et pendant six mois, on risque le bazar dans tout le pays. Les actions choc des routiers, et des transports en commun dans leur globalité, sont-elles toutes légitimes ? Est-il normal dans une démocratie de bloquer l'économie, en prenant le risque de nuire à des milliers de citoyens qui n'ont rien à se reprocher ? Cette question est souvent posée. Jusqu'à un certain point, on peut comprendre une action coup de poing. C'est parfois nécessaire, et l'histoire nous a démontré que cela pouvait marcher. Maintenant, si les actions s'éternisent... dans quelle mesure ne s'agirait-il pas de chantage ? Ou de prise d'otage, on entend souvent le terme...

La démocratie est la voix du peuple, mais dans cette affaire, est-ce vraiment le peuple qui s'exprime ? Ou plutôt quelques castes ayant un vrai pouvoir de nuisance.

Si vous n'avez pas de pouvoir de nuisance, taisez-vous. C'est ça la démocratie ?

Je n'ai évidemment ni solution, ni réponse à ce questionnement. Je ne crains aucunement la "guerre civile", c'est ridicule. Je me demande simplement dans quelle mesure il est possible de réformer notre pays.

Si on s'en prend aux intérêt de quelques-uns ayant un pouvoir de nuisance pour l'économie du pays, c'est l'enfer. Tout le monde paie.

Si on cède, on est faible. L'opposition nous démonte. Si on résiste, on est sourd. L'opposition nous démonte aussi.

Le dialogue citoyen c'est bien gentil, mais si les citoyens parlaient tous d'une même voix, on n'aurait pas besoin d'un élu pour représenter une circonscription. Nuit Debout aboutira à quoi en fin de compte ? A un énième parti politique ? S'il n'en devient pas un, et s'il n'est pas récupéré, je ne vois pas ce qu'il va devenir...

La démocratie ne veut plus rien dire, pour plutôt si, une chose et son contraire. Les gens n'y croient plus, se déplacent de plus en plus rarement pour voter.

J'entends parler de VIème république, et en effet, je pense que c'est nécessaire. La solution pour sortir de ce combat perpétuel entre le pouvoir et "certains" (même si les certains en question sont soutenus par le "peuple") ne peut être apportée que par une refonte globale de nos institutions.

Mais là encore, va falloir s'attendre à un sacré bazar !

 

 

 

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